UE • MERCOSUR • BUSINESS

UE–Mercosur : avant, maintenant, et à terme

Vingt-cinq ans de négociations, une application partielle depuis le 1er mai 2026, un objectif affiché à l’horizon 2040 : voici où en est vraiment l’accord, secteur par secteur.

CalendrierSecteursChiffres clés
25 ansDurée approximative des négociations avant l’accord politique de 2024
01.05.2026Début de l’application provisoire du volet commercial
2040Horizon visé par la Commission pour l’essentiel des effets économiques

Avant l’accord

Pendant les 25 années de négociation, les entreprises européennes qui exportaient vers le Mercosur faisaient face à des droits de douane élevés selon les produits : jusqu’à 35 % sur les voitures, 14 à 20 % sur les machines et équipements, jusqu’à 35 % sur le vin et certaines boissons, 31,5 % sur l’huile d’olive et 20 % sur le chocolat.

L’accès aux marchés publics du Mercosur restait par ailleurs fermé ou très limité pour les entreprises européennes, notamment sur le marché public fédéral brésilien, pourtant estimé à plus de 8 milliards d’euros par an.

Maintenant, depuis le 1er mai 2026

Seul le volet commercial de l’accord (l’accord intérimaire, iTA) s’applique à ce stade, à titre provisoire. Le volet politique et de coopération (EMPA) reste soumis à ratification par les États membres et n’est pas encore en vigueur.

Sur ce volet commercial, les premières baisses sont déjà là : les droits sur les véhicules électriques et hybrides sont passés de 35 % à 25 %, et ceux sur les véhicules thermiques de 35 % à 17,5 %. Le secteur agroalimentaire et l’accès à certains marchés publics entrent aussi dans leur première phase d’application.

À terme

Le reste du démantèlement tarifaire s’étale sur plusieurs années selon les produits : jusqu’à 10 ans pour 90 % des exportations de pièces automobiles, et une trajectoire comparable pour 93 % des exportations de machines.

Selon la Commission européenne, l’accord complet pourrait représenter à l’horizon 2040 un effet sur le PIB de l’UE allant jusqu’à 77,6 milliards d’euros, pour plus de 4 milliards d’euros d’économies tarifaires annuelles déjà estimées pour les entreprises européennes.

Le tableau en un coup d’œil

Les chiffres ci-dessous sont ceux cités par les sources officielles pour les produits et secteurs les plus souvent évoqués. Ils ne couvrent pas l’ensemble des lignes tarifaires : chaque produit garde ses propres règles et son propre calendrier.

SecteurAvant l’accordMaintenant (depuis 01.05.2026)À terme
Véhicules électriques et hybrides35 %25 %Démantèlement progressif sur 10 ans
Véhicules thermiques35 %17,5 %Démantèlement progressif sur 10 ans
Machines et équipements14–20 %Premiers allègements93 % des exportations concernées par un démantèlement progressif
Vin et spiritueuxJusqu’à 35 %Application provisoire en coursSuppression progressive
Huile d’oliveJusqu’à 31,5 %Application provisoire en coursSuppression progressive
ChocolatJusqu’à 20 %Application provisoire en coursSuppression progressive
Bœuf Mercosur vers l’UEAccès très restreintQuota de 99 000 t à 7,5 %Quota maintenu, filet de sécurité de 6,3 Md€ prévu
Marchés publics fédérauxAccès fermé ou très limitéOuverture engagée (Argentine, Brésil, Uruguay)Accès élargi selon les niveaux fédéral et subcentral

Ce qu’il faut retenir

L’accord n’est pas un interrupteur unique : une partie s’applique déjà, une autre reste conditionnée à la ratification, et l’essentiel du calendrier tarifaire s’étale sur plusieurs années. Pour une entreprise, la question utile n’est donc pas seulement « qu’est-ce qui change ? » mais « quand, et pour quel produit précisément ? ».

Sources officielles